LES EPREUVES DU CONCOURS

Si tous les IEP se défendent de recruter des « bêtes à concours » et de ne sélectionner les candidats sur autre chose que les connaissances que tout bachelier est sensé posséder, force est de constater que, chaque année, la plupart des nouveaux entrants des neuf IEP faisaient partie du peloton de tête de leur classe de Terminale (plus de 85% des lauréats avaient tout de même une mention Bien ou Très Bien à la session 2006).

De plus il suffit de comparer les sujets d’annales pour se convaincre définitivement du contraire des dire officiels des directions de certains IEP, à savoir que « ces concours sont conçus pour être passés sans autre formation que celle acquise en classe de Terminale, toutes séries confondues » ou qu'il n'est pas nécessaire de suivre une préparation spécifique pour réussir. Les épreuves ne se ressemblent ni sur le fond ni sur la forme. Jugez en plutôt.

CULTURE GÉNÉRALE(composition ou commentaire de texte, 4h) : il ne s’agit ni d’une épreuve de Français, ni d’une épreuve de pure Philosophie. En commentaire, on peut tout aussi bien être confronté à un texte de Kant (IEP 94), de Pascal (IEP 96), de Rousseau (IEP 2001), de Léo Strauss (IEP 2002) ou de Merleau-Ponty (IEP 2004) qu’à un extrait de Baudelaire (IEP 93) ou de Proust (IEP 95).

Il conviendra, en dissertation, autant d’éviter un discours exclusivement théorique qu’une réflexion anecdotique, inspirée du style "journalistique" ; l’écueil est d’autant plus traître que les sujets tournent volontiers autour de préoccupations de nos sociétés (ex :  "Pourquoi l'injustice mobilise-t-elle plus les hommes que la justice ?" - IEP 2000 ; "En quoi consiste ma dignité ?" - IEP 2001 ; "Pourquoi la démocratie est-elle toujours exposée au péril ?" - IEP 2002 ; "Faut-il être cultivé pour exercer son jugement ?" -IEP 2003.

On comprendra, surtout si on intègre les exigences des correcteurs en matière de rigueur du raisonnement, de clarté d’expression et, de manière générale, de finessedans la maîtrise de l’écriture, que cette épreuve n’est pas une simple "formalité" ; qu’elle ne saurait, en tout état de cause, être abordée sans un travail spécifique.

HISTOIRE (dissertation, 4h, 3 sujets au choix. Programme : le monde de 1914 à nos jours) : Ici, l’épreuve, une dissertation de 4 heures sans chronologie ni documents, n’est pasexcessivement déroutante pour des élèves de Terminale par sa forme. En revanche, le programme, qui intègre les programmes de Première et de Terminale, avec la possibilité de sujets transversaux (ex :  "Les relations entre la France et l'URSS, de 1917 à 1991" - IEP 2001 ; "Le système soviétique de 1928 à 1991" - IEP 2005) ou de sujets de synthèse (ex : "L'idée européenne de 1930 à nos jours" - IEP 2000 ; "La démocratie américaine, des années 30 à nos jours" - IEP 2001 ; "Pacifisme, sécurité collective et prévention des conflits dans le monde de 1914 à nos jours." - IEP 2004), pose un indiscutable problème de révisionqu’il est bien difficile de résoudre seul. De plus, les exigences des correcteurs en ce qui concerne la capacité de problématisation, la qualité de la réflexion et le sens de la synthèse sont très supérieurs au niveau de la Terminale.

EPREUVE SUR DOCUMENTS (4h, deux dossiers au choix : l’un à tendance "histoire et géographie", l’autre à tendance "sciences économiques et sociales" : ici encore, l’épreuve peut sembler vaguement familière. En réalité deux obstacles se présentent aux jeunes bacheliers : d’une part, le programme de l’épreuve, peu précis, en réalité une large synthèse des programmes de Première et Terminale, constitue un leurre majeur. D’autre part, le nombre et la complexité des documents ainsi que la nature et la difficulté des questions posées situe l’épreuve à un tout autre niveau que celui du baccalauréat.

LANGUE (3h) : L’épreuve est très complète, ne laissant rien de côté : vocabulaire, compréhension, essai, exercices de rédaction à partir de documents écrits ou visuels, il faut s’attendre à ce que la nouvelle épreuve, comme les précédentes l’étaient, soit incontestablement difficile. D’autant plus que l’IEP a décidé de faire de l’intégration internationale, donc de la pratique des langues, l’un de ses fers de lance et - c’est le second point fondamental – toute note inférieure à 7/20 est éliminatoire.

Bref, l’examen n’est pas accessible à des candidats moyens ou moyennement préparés. C'est fondamentalement toutes ces raisons qui nous amènent, nous universitaires, à vous proposer un panel de formules intensives, annuelles ou dans les semaines qui précèdent le concours d'entrée afin d'augmenter de façon significative vos chances de succès à Sciences Po.

REUSSITE CONCOURS 2007 IEP DE PROVINCE : 78%

REUSSITE CONCOURS 2007 IEP DE PARIS : 25%